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02 Jul 2026
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Le rapport EFRAG suit l'évolution du reporting ESRS

Après deux cycles de reporting ESRS, l'accent passe de la mise en œuvre à la qualité et à la comparabilité des divulgations. Les résultats d'EFRAG fournissent aux préparateurs une référence pour évaluer leur propre reporting tandis que les normes elles-mêmes sont en cours de révision.


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EFRAG a publié la deuxième édition de son rapport État des lieux sur la mise en œuvre des normes européennes de reporting en matière de durabilité (ESRS). L'étude examine des déclarations de durabilité FY2025 assurées et fournit une base de preuves complète sur la manière dont les entreprises appliquent le reporting obligatoire en vertu de la Directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD).

Le rapport montre une pratique de reporting en deuxième année qui devient plus stable, mais encore inégale: les sujets matériels sont désormais plus clairs, tandis que les objectifs, incitations et données granulaires ne couvrent pas encore tous les domaines que les entreprises identifient comme matériels.

Une vision plus large de la pratique ESRS

EFRAG a analysé des déclarations de durabilité 905 FY2025 préparées sous ESRS et soumises à une assurance par un tiers. L'échantillon s'est élargi à partir de 656 déclarations dans la première édition, reflétant la population élargie de reporting prise en compte avec la date limite 2026 d'avril.

L'analyse couvre des questions 18 à travers les normes transversales, les normes thématiques environnementales et sociales et, pour la première fois, les divulgations de gouvernance. EFRAG a utilisé une approche assistée par IA avec validation manuelle et note que des erreurs ou omissions peuvent subsister.

Le rapport s'inscrit également dans le débat européen actuel sur le ESRS simplifié. EFRAG lie l'étude à la consultation récemment close de la Commission européenne sur le projet de règlement délégué concernant le ESRS simplifié et le présente comme une vue factuelle et fondée sur des données de la pratique courante de reporting.

La matérialité se stabilise

Les déclarations FY2025 montrent peu de changements par rapport au premier cycle ESRS, ce qui était attendu car les entreprises ont reporté selon les mêmes normes du jeu ESRS Set 1. Le E1 changement climatique, la S1 propre main-d'œuvre et la conduite des affaires G1 restent au centre du reporting ESRS. Ils ont été identifiés comme matériels par 99%, 99% et 95% des entreprises respectivement.

Parmi les entreprises 554 incluses à la fois dans les échantillons FY2024 et FY2025, le nombre moyen de sujets matériels a augmenté de 6.3 à 6.6. Les entreprises appliquant ESRS pour la deuxième fois identifient donc un périmètre matériel légèrement plus large.

L'évaluation de la double matérialité devient également plus itérative. EFRAG a constaté que 82% des entreprises ont mis à jour leur DMA depuis FY2024, avec des changements allant de corrections mineures et recalibrages IRO à des modifications de notation et des ré-exécutions complètes liées à des changements de périmètre.

La méthode dominante est hybride. Dans l'ensemble de l'échantillon FY2025, 67% des entreprises ont utilisé une approche DMA hybride, 28% ont utilisé une approche ascendante et 5% ont utilisé une approche descendante.

La matérialité n'est pas toujours assortie d'objectifs

Une question centrale dans le rapport est l'écart entre les sujets que les entreprises identifient comme matériels et la mesure dans laquelle ces sujets sont couverts par des objectifs et des incitations.

Les entreprises ont identifié en moyenne 6.4 sujets matériels, mais ont fixé des objectifs mesurables et temporellement définis sur seulement 3.3 sujets. Les objectifs couvrent donc environ la moitié de ce que les entreprises décrivent comme matériel.

Les sujets liés au climat et à la main-d'œuvre font exception. E1 le Changement Climatique et S1 la Propre Main-d'œuvre sont les plus fréquemment couverts par des objectifs: 98% et 82% des entreprises déclarent respectivement au moins un objectif dans ces domaines. La couverture chute nettement pour les autres sujets.

Le même schéma apparaît dans la rémunération. EFRAG a constaté que 63% des entreprises intègrent des objectifs de durabilité dans les régimes d'incitation des dirigeants, laissant 37% sans lien formel entre la performance en matière de durabilité et la rémunération des dirigeants.

EFRAG présente deux interprétations possibles de cet écart. Il peut montrer que les entreprises n'ont pas encore intégré tous les sujets matériels dans la gestion stratégique. Il peut aussi signifier que certaines entreprises définissent la matérialité de manière large à des fins de reporting, tout en fixant des objectifs uniquement là où les sujets sont activement gérés.

La planification climatique montre des progrès plus clairs

Les divulgations climatiques montrent des signes plus forts de gestion structurée. La part des entreprises divulguant un Plan de transition climatique est passée de 55% en FY2024 à 69% en FY2025.

EFRAG a également élargi son analyse des objectifs de décarbonation. En FY2025, 57% des préparateurs déclarant l'atténuation du changement climatique comme matériel ont divulgué des objectifs de décarbonation à court et long terme compatibles avec une trajectoire 1.5°C. Cette analyse couvre les entreprises pour lesquelles l'atténuation du changement climatique est matérielle, et pas seulement celles disposant d'un Plan de Transition Climatique formel.

Les sujets environnementaux non climatiques deviennent plus visibles, mais les données restent moins détaillées. La matérialité a légèrement augmenté pour E2 Pollution, E3 Ressources en Eau et Marines, E4 Biodiversité et Écosystèmes et E5 Utilisation des Ressources et Économie Circulaire. Lorsque E2 à E5 sont matériels, plus des deux tiers des entreprises rapportent des indicateurs seulement au niveau global et de l’entreprise et moins de 10% rapportent au niveau régional.

Les divulgations sociales et de gouvernance restent inégales

Le reporting social reste ancré dans S1 Propre Main-d'œuvre, qui est matériel pour presque toutes les entreprises. L'analyse d'EFRAG sur l'écart de rémunération entre les sexes montre un écart moyen non ajusté de 14.3% en faveur des hommes. Seules 12% des entreprises complètent cela par un écart de rémunération ajusté qui tient compte des caractéristiques de la main-d'œuvre telles que la géographie et les fonctions.

Parmi les entreprises pour lesquelles S2 Travailleurs dans la chaîne de valeur et/ou S3 Communautés affectées sont matériels, 89% disposent de politiques formelles relatives aux droits de l'homme couvrant les Travailleurs dans la chaîne de valeur et/ou les Communautés affectées.

La gouvernance reçoit une base plus complète dans cette édition. La gestion des relations avec les fournisseurs, y compris les pratiques de paiement, est essentielle pour 54% d'entreprises. Parmi ces entreprises, 81% font explicitement référence aux critères ESG lors de la sélection des fournisseurs, le plus souvent par le biais de codes de conduite. Seuls 7% fournissent des délais de paiement moyens spécifiques aux PME.

Les rapports sont plus courts, mais la navigation est limitée

La longueur moyenne des déclarations de durabilité a diminué de 115 pages en FY2024 à 95 pages en FY2025. EFRAG met en garde que l’ampleur de la diminution est en partie influencée par la composition de l’échantillon et la date limite d’avril 2026.

Les différences entre pays restent significatives. L’analyse au niveau pays d’EFRAG montre que Espagne a une moyenne de 162 pages, contre 56 pages pour Suède et 64 pour Finlande. La fracture nord-sud dans la longueur des rapports observée dans la première édition n’a pas été comblée.

Les déclarations de durabilité représentent en moyenne 34% de la longueur totale des rapports annuels. Pourtant, seules 6% des entreprises incluent un résumé exécutif dédié. Les rapports plus courts ne sont donc pas automatiquement plus faciles à utiliser.

Lecture pratique pour les préparateurs

Pour les préparateurs, le rapport State of Play est utile comme référence. Il montre quelles ESRS pratiques deviennent courantes et où les entreprises divulguent encore de manière sélective.

Les conclusions peuvent aider les équipes à tester leur propre reporting par rapport aux pratiques du marché: si les thèmes matériels sont accompagnés d’objectifs, si la performance en matière de durabilité est liée à des incitations, si les indicateurs environnementaux sont ventilés géographiquement, et si les divulgations sociales et de gouvernance vont au-delà des politiques.

Cela est particulièrement pertinent avant le prochain cycle de reporting. Le rapport ne prescrit pas de modèle, mais aide les préparateurs à identifier où leur déclaration ESRS pourrait nécessiter des preuves plus solides, des explications plus claires ou une meilleure navigation pour les utilisateurs.

À suivre

Les conclusions interviennent alors que les ESRS sont en cours de révision. EFRAG a soumis ses avis techniques sur le projet de ESRS simplifié à la Commission européenne le 3 décembre 2025.. La Commission a ensuite publié un projet d’acte délégué pour recueillir des commentaires publics le 6 mai 2026, avec une consultation ouverte jusqu’au 3 juin 2026..

Les ESRS révisés n’ont pas encore été adoptés et ne entreront en vigueur qu’après leur publication au Journal officiel. Après adoption par la Commission, l’acte délégué fera encore l’objet d’un examen par le Parlement européen et le Conseil.

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