N-ESRS Prend forme
Le dernier projet N-ESRS d'EFRAG présente une structure de reporting proposée pour les groupes hors UE avec une activité significative dans l'UE. Il est plus restreint que le ESRS complet et se concentre sur les impacts, les informations sur la chaîne de valeur et les périmètres du reporting.

EFRAG a maintenant fait passer le European Sustainability Reporting Standards for Non-EU Groups (N-ESRS) de l'aperçu à la rédaction détaillée et aux tests. Le projet présente une approche proposée pour le reporting de l'Article 40a: un rapport de durabilité axé sur les impacts au niveau de la maison-mère ultime hors UE, avec un possible périmètre lié à l'UE pour les impacts non climatiques.
Le passage se fait d'une architecture ESRS simplifiée à un reporting d'impacts au niveau du groupe.
Une Norme Spécialisée sur les Impacts
N-ESRS est construit à partir de Simplified ESRS, mais ce n’est pas une copie allégée de ESRS. Il adapte ce texte pour les groupes de maison-mère situés dans des pays tiers qui relèvent de l’Article 40a de la Accounting Directive, telle que modifiée par la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) et la Omnibus I Directive.
Le projet conserve l’architecture de type ESRS, mais resserre l’objectif du reporting. N-ESRS se concentre sur les impacts importants sur les personnes et l’environnement, et sur la manière dont l’entreprise les gère.
La matérialité des impacts est la base du reporting N-ESRS. L'approche double matérialité complète ESRS ne s'applique pas. Les risques, opportunités et effets financiers anticipés ne sont pas centraux dans la base N-ESRS, même si le projet n’exclut pas le reporting sur les impacts qui entraînent ou pourraient entraîner des risques et opportunités liés à la durabilité.
Statut et périmètre
Le projet reste non approuvé et soumis au processus décisionnel d’EFRAG. EFRAG prévoit une consultation publique de 100 jours qui devrait débuter dans le second semestre de juillet 2026, avec un avis technique attendu pour la Commission européenne d’ici janvier 2027. Les premiers rapports de durabilité N-ESRS sont attendus en 2029, pour l’exercice 2028, conformément au calendrier de l’Article 40a.
Le périmètre vise les entreprises hors UE non cotées sur des marchés régulés de l’UE ayant une activité significative dans l’UE. Les seuils proposés dans le projet sont un chiffre d’affaires net dans l’UE supérieur à EUR 450 millions pour chacun des deux derniers exercices financiers consécutifs, ainsi qu’une succursale ou filiale dans l’UE avec un chiffre d’affaires net supérieur à EUR 200 millions au cours de l’exercice précédent.
Le rapport est préparé au niveau du groupe ultime de maison-mère de pays tiers, même si la filiale ou succursale dans l’UE est l’entité qui le publie. Cela signifie que les informations nécessaires au rapport peuvent devoir être recueillies auprès de l’ensemble du groupe élargi, pas seulement des opérations dans l’UE.
Le projet préserve également une voie alternative. Une société mère ultime hors UE peut appliquer une ESRS complète ou des normes reconnues comme équivalentes, et dans ce cas, les filiales ou succursales pertinentes dans l'UE n'auraient pas à publier un rapport N-ESRS séparé si les conditions d'assurance et d'accessibilité sont remplies.
Si la filiale ou succursale de l'UE ne peut pas obtenir toutes les informations nécessaires auprès de la société mère, elle doit publier les informations dont elle dispose et indiquer que la société mère n'a pas fourni les informations nécessaires. Le rapport doit être accompagné d'une opinion d'assurance. Si cette opinion fait défaut, cela doit être clairement indiqué.
Approche mixte comme question de périmètre
L'approche mixte est là où le projet est le plus précis concernant les périmètres de reporting. Pour les sujets autres que le changement climatique, l'entité peut limiter le reporting aux impacts liés à l'UE, mais seulement lorsque ses opérations, sa chaîne de valeur ou son offre de produits et services permettent d'identifier ces impacts de manière significative.
Lorsque cette option est utilisée, l'entité doit décrire comment elle a déterminé les impacts liés à l'UE pour des normes thématiques autres que N-ESRS E1 Climate Change.
Le périmètre relatif à l'UE est construit autour de deux catégories: les impacts des produits et services vendus ou supposés vendus sur le marché de l'UE, y compris via les acteurs en aval de la chaîne de valeur, et les impacts des activités situées dans l'Union européenne.
Les impacts liés au climat ne relèvent pas de cette option. Cela fait de l'approche mixte un exercice de délimitation de périmètre et de preuve, et non un simple choix de ne reporter que sur les opérations dans l'UE.
Concentration pratique
À ce stade, le projet est surtout utile comme document de cadrage. Les groupes hors UE qui pourraient être concernés par l'article 40a peuvent l'utiliser pour tester le périmètre probable du reporting: un rapport préparé au niveau du groupe ultime tiers pays, avec une publication potentiellement assurée par une filiale ou succursale dans l'UE.
Le test suivant est la matérialité. Le projet fait référence à une évaluation de la matérialité des impacts couvrant les sujets ou sous-sujets, les informations de la chaîne de valeur et le niveau d’agrégation utilisé. Si l'approche mixte est maintenue, les groupes devraient également expliquer la base du périmètre de reporting lié à l'UE.
Le reporting existant peut aider, mais seulement dans certaines limites. L'incorporation par renvoi pourrait réduire les duplications lorsque les informations référencées sont identifiables, opportunes, correctement traduites, assurées et accessibles numériquement.
Le projet est également utile pour comparer les différentes voies de reporting possibles: N-ESRS avec un périmètre global, l'approche mixte, la ESRS complète ou une voie standards équivalente lorsqu'elle est reconnue. Chaque voie influencerait la disponibilité des données, les contrôles et l'assurance de manière différente.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
Les prochaines étapes d'EFRAG sont la consultation, les tests sur le terrain et les conseils techniques à la Commission européenne. La question clé est de savoir dans quelle mesure la structure actuelle changera au cours de ce processus, en particulier concernant le périmètre du reporting, l’interopérabilité, les références au droit de l’UE et l’utilisation d’informations déjà publiées ailleurs.