Short answer
The answer, before the reasoning
Non. La TNFD n’exige pas de chaque organisation qu’elle calcule un score universel d’empreinte de la biodiversité. La TNFD demande aux organisations de publier leurs dépendances, impacts, risques et opportunités importants liés à la nature au moyen de mesures appropriées, notamment des mesures mondiales, sectorielles et additionnelles essentielles.
Elle utilise actuellement des indicateurs provisoires pour l’état des écosystèmes et le risque d’extinction des espèces, car aucune mesure unique ne rend compte de toutes les dimensions pertinentes de l’état de la nature. Les modèles d’empreinte peuvent être utiles pour le filtrage, la hiérarchisation, la comparaison de portefeuilles ou les travaux de scénarios, mais leurs résultats doivent être expliqués en précisant la localisation, le contexte de l’écosystème, le périmètre, la méthode, le niveau de confiance et les limites.
Statut technique. L’architecture des mesures de la TNFD est actuelle, tandis que les méthodes de mesure de l’état de la nature et de l’empreinte de la biodiversité continuent d’évoluer. Le document de 2023 de la TNFD sur l’empreinte porte principalement sur les institutions financières et constitue un document de réflexion, et non une exigence. Le document de 2026 sur l’état de la nature est également ouvert à consultation et doit être présenté comme non définitif.
Limite. Cet article ne recommande aucun modèle commercial particulier et ne détermine pas l’importance écologique. Les méthodes spécialisées nécessitent des licences appropriées, une gouvernance des données, une expertise scientifique et une validation au regard de la finalité et des sites de l’organisation.
Un chiffre unique est séduisant — et souvent trompeur
Les conseils d’administration, les investisseurs et les équipes chargées des rapports demandent souvent un équivalent biodiversité des tonnes de dioxyde de carbone. L’attrait est compréhensible : un score unique semble facile à agréger, à comparer et à suivre. La nature est plus difficile à appréhender, car l’état écologique, les espèces, l’eau, les terres, la pollution, le fonctionnement des écosystèmes et les valeurs culturelles ne sont pas interchangeables comme peut le laisser penser une unité physique commune.
Une empreinte unique peut masquer des distinctions essentielles :
un hectare d’habitat intact n’est pas équivalent à un hectare de terres fortement modifiées ;
les impacts dans des écosystèmes ou des pays différents peuvent ne pas être substituables ;
une petite superficie peut être extrêmement importante pour une espèce menacée ;
les prélèvements d’eau dépendent de l’état du bassin et des autres utilisateurs ;
la pression de la pollution et la conversion des habitats créent des voies d’impact différentes ;
la reconstitution écologique peut prendre des décennies et peut échouer ; et
les résultats des modèles peuvent refléter des hypothèses plutôt que des résultats mesurés.
La question pratique n’est donc pas « Quel est le score TNFD ? », mais « Quelle mesure ou quel modèle est adapté à la décision, et quel contexte doit rester visible ? »
Ce que fait réellement l’architecture des mesures de la TNFD
Les mesures et objectifs A-C de la TNFD demandent aux organisations de publier les mesures utilisées pour évaluer et gérer les risques et opportunités importants liés à la nature, les mesures utilisées pour évaluer et gérer les dépendances et impacts importants, ainsi que les objectifs et la performance. L’architecture comprend :
les mesures essentielles de publication mondiales ;
les mesures essentielles de publication sectorielles ;
les mesures mondiales et sectorielles additionnelles ; et
les mesures d’évaluation utilisées en interne dans le cadre de LEAP.
Les mesures essentielles fournissent un point de départ intersectoriel, mais elles ne créent pas un score composite unique de biodiversité. Les ressources actuelles de la TNFD indiquent qu’aucune mesure unique de l’état de la nature ne rend compte de toutes les dimensions pertinentes. L’état des écosystèmes et le risque d’extinction des espèces restent donc des indicateurs mondiaux essentiels provisoires, tandis que le consensus et les méthodes continuent d’évoluer.
Une organisation peut utiliser un modèle d’empreinte comme l’un des éléments d’information, mais elle doit tout de même publier les mesures qui représentent ses voies d’impact importantes et expliquer la base utilisée.
Ce qu’une empreinte de la biodiversité cherche généralement à faire
Une empreinte de la biodiversité convertit plusieurs pressions ou activités en un effet estimé sur la biodiversité ou l’état des écosystèmes. Selon la méthode, les données d’entrée peuvent inclure l’occupation des terres, les changements d’affectation des terres, l’utilisation de l’eau, la pollution, les pressions climatiques, l’approvisionnement en matières premières, les moyennes sectorielles et les données géographiques.
Le modèle peut produire des résultats tels que :
la fraction d’espèces potentiellement disparues ;
la perte moyenne d’abondance des espèces ;
la superficie ajustée selon l’état des habitats ;
des indicateurs de risque pour les espèces ;
des mesures de l’intégrité des écosystèmes ;
des unités d’impact sur la biodiversité ; ou
un score composite exclusif.
Ces résultats ne sont pas automatiquement comparables. Ils peuvent représenter des points finaux, des échelles spatiales, des horizons temporels, des références et des hypothèses différents. Le seul nom de l’unité n’explique pas ce qui a été mesuré.
Figure 1. La mesure de la biodiversité comporte plusieurs niveaux : activité de l’entreprise, pression, localisation et contexte de l’écosystème, changement modélisé, résultats observés et utilisation pour la décision. Aucun niveau unique ne remplace les autres.
Cinq limites qui créent une fausse précision
1. La localisation peut disparaître lors de l’agrégation
Les effets liés à la nature dépendent de l’écosystème récepteur. Un score au niveau du portefeuille peut indiquer des points chauds relatifs, mais il peut masquer la différence entre un score modéré dans un lieu très sensible et un score plus élevé dans une zone fortement modifiée.
L’organisation devrait conserver la capacité de retracer l’agrégat jusqu’aux pays, bassins, paysages, sites, matières premières ou actifs. Si la localisation repose sur des moyennes sectorielles plutôt que sur des coordonnées réelles, cette limite devrait être explicitement indiquée.
2. Des dimensions différentes sont combinées au moyen de choix de valeur
Les modèles composites pondèrent souvent les espèces, les habitats, l’état des écosystèmes ou les pressions. La pondération peut intégrer des choix scientifiques et normatifs. Un résultat peut changer de manière importante lorsque le modèle modifie l’état de référence, le facteur de caractérisation, la résolution spatiale ou le traitement de l’incertitude.
Ces choix ne justifient pas le rejet de la modélisation. Ils justifient la publication de la méthodologie et l’abstention de présenter le résultat comme une observation directe.
3. La pression n’est pas la même chose que l’état ou le résultat
Un modèle peut estimer la conséquence sur la biodiversité de l’occupation des terres ou de l’utilisation de l’eau, mais l’organisation n’a peut-être pas observé le résultat écologique local. Inversement, le suivi d’un site peut révéler un résultat qu’un modèle générique ne détecte pas.
Un registre contrôlé des mesures devrait distinguer :
les données d’activité ;
les mesures de pression ou de facteurs d’impact ;
l’impact modélisé ;
les indicateurs de l’état de la nature ;
les mesures de réponse ; et
les éléments probants vérifiés concernant les résultats.
Qualifier une réduction de la pression modélisée de « reconstitution de l’écosystème » surestime les éléments probants.
4. Le temps et la réversibilité sont simplifiés
Certaines méthodes annualisent ou normalisent les impacts. La perte de nature peut être cumulative, irréversible ou différée, tandis que la restauration peut comporter de longs décalages temporels et une réussite incertaine. Un score annuel unique peut donc donner l’impression que les dommages et la reconstitution sont plus symétriques qu’ils ne le sont.
L’organisation devrait expliquer l’horizon temporel, les hypothèses de reconstitution, la permanence et le traitement des impacts passés par rapport aux impacts actuels.
5. Le niveau de confiance dans les données varie selon le modèle
Une empreinte peut combiner des données mesurées sur site, des déclarations de fournisseurs, des informations satellitaires, des bases de données d’analyse du cycle de vie, des moyennes sectorielles et des données indirectes. Le chiffre final peut sembler précis même lorsque des données d’entrée majeures sont estimées.
Le niveau de confiance devrait être communiqué pour chaque couche de données et chaque point chaud important. Les contrôles utiles comprennent une notation de la qualité des données, une analyse de sensibilité, une comparaison avec les éléments probants locaux et des seuils de recours à un examen spécialisé.
La localisation et le contexte de l’écosystème doivent rester visibles
L’accent mis par la TNFD sur les localisations constitue une protection contre les agrégations trompeuses. Pour une question importante, l’organisation devrait être capable d’expliquer :
la localisation ou le proxy géographique utilisé ;
l’écosystème ou le biome ;
l’état écologique et la sensibilité ;
les espèces ou services écosystémiques pertinents ;
l’activité et la voie de pression ;
les personnes concernées et leurs droits, le cas échéant ;
le modèle ou la mesure appliqué(e) ;
le résultat et le niveau de confiance ; et
la décision ou la publication étayée.
Une empreinte au niveau du groupe est plus solide lorsqu’elle sert d’outil de navigation vers ces éléments probants plutôt que de les remplacer.
Quand l’établissement d’une empreinte peut être utile
L’établissement d’une empreinte peut apporter une valeur ajoutée lorsque sa finalité est claire et que le modèle est adapté à cette finalité.
Filtrage et hiérarchisation
Une institution financière ou un groupe diversifié peut utiliser un modèle pour identifier les secteurs, matières premières, zones géographiques ou contreparties nécessitant une évaluation plus approfondie. Le score est un signal de filtrage des risques, et non la conclusion selon laquelle le chiffre le plus élevé correspond toujours à la question la plus importante.
Analyse du portefeuille et de la chaîne de valeur
Lorsque les données directes sont limitées, l’établissement d’une empreinte peut fournir une première estimation cohérente sur un portefeuille ou une chaîne d’approvisionnement de grande taille. L’organisation devrait distinguer l’exposition modélisée de l’impact réel et utiliser le dialogue ou la traçabilité pour améliorer les domaines prioritaires.
Analyse de scénarios
Un modèle peut aider à étudier comment les politiques, le déclin des écosystèmes, la demande de matières premières ou l’évolution de l’activité pourraient modifier l’exposition. Les résultats de scénarios devraient être considérés comme conditionnels aux hypothèses, et non comme des prévisions.
Conception des objectifs et suivi des progrès
Une empreinte peut contribuer à définir une orientation pour un portefeuille ou une chaîne de valeur, mais les objectifs devraient conserver les localisations et voies d’impact importantes. Une réduction de l’agrégat peut résulter de changements dans la composition du portefeuille plutôt que d’une amélioration des écosystèmes concernés.
Comparaison de produits ou comparaison stratégique
Les modèles peuvent contribuer à comparer des solutions lorsque les périmètres, les unités fonctionnelles et la qualité des données sont cohérents. Ils ne devraient pas être utilisés pour formuler de manière générale des allégations selon lesquelles un produit est « favorable à la biodiversité » sans examen du cycle de vie, de la localisation et des droits.
Quand les méthodes spécialisées sont essentielles
Les méthodes écologiques spécialisées sont particulièrement importantes lorsque :
une activité affecte un écosystème sensible ou irremplaçable ;
des espèces menacées ou un habitat essentiel peuvent être présents ;
les autorisations légales ou les normes des prêteurs exigent une évaluation du site ;
la réussite de la restauration doit être démontrée ;
des Peuples autochtones ou des communautés locales peuvent être affectés ;
la décision pourrait causer un impact irréversible ;
des compensations ou des allégations relatives à des crédits de biodiversité sont proposées ; ou
le résultat d’un modèle est en contradiction avec les données locales.
Dans ces situations, les modèles distants ou de portefeuille peuvent appuyer le cadrage, mais ils ne devraient pas remplacer les données de terrain, l’expertise écologique, l’évaluation des droits ou la concertation.
Figure 2. La décision d’utiliser une empreinte biodiversité devrait commencer par la finalité et la matérialité, puis examiner le lieu, les données, l’adéquation du modèle, le niveau de confiance et la nécessité d’une évaluation spécialisée.
Un processus contrôlé de sélection des modèles
Étape 1 - définir la décision
Indiquer si le modèle appuie la présélection, l’évaluation de la matérialité, l’allocation de capital, le dialogue, la fixation d’objectifs, la publication d’informations ou une allégation publique. Un modèle approprié pour la présélection d’un portefeuille peut être inadapté à l’approbation d’un site.
Étape 2 - définir les voies de matérialité
Identifier les dépendances, les impacts, les risques ou les opportunités, ainsi que les lieux, secteurs, matières premières ou actifs pertinents. Éviter de sélectionner un modèle simplement parce qu’il est disponible.
Étape 3 - comparer les méthodes
Évaluer :
le point final et l’unité ;
les pressions couvertes ;
la résolution spatiale ;
les écosystèmes et les espèces représentés ;
l’état de référence ou la situation de référence ;
l’horizon temporel et les hypothèses de rétablissement ;
la couverture de la chaîne de valeur et du portefeuille ;
les exigences relatives aux données d’entrée ;
la capacité à traiter l’incertitude et la sensibilité ;
la transparence, la licence et la reproductibilité ; et
l’adéquation à l’allégation prévue.
Étape 4 - tester les données
Cartographier les données d’entrée mesurées, calculées, modélisées et de substitution. Identifier les cas où des bases de données génériques remplacent les lieux ou activités réels. Définir des actions d’amélioration pour les lacunes importantes.
Étape 5 - valider les points chauds
Comparer les résultats du modèle avec les données du site, les éléments provenant de satellites, les informations des fournisseurs, les incidents, les connaissances des parties prenantes et l’évaluation spécialisée. Examiner les contradictions importantes plutôt que de les faire disparaître par une moyenne.
Étape 6 - préserver la désagrégation
Conserver le lieu, l’écosystème, l’activité, le maillon de la chaîne de valeur et le niveau de confiance. Empêcher que des résultats positifs et négatifs sans rapport soient compensés au moyen d’un score unique.
Étape 7 - contrôler les changements
Assurer le contrôle des versions du modèle, de la base de données, des facteurs, du périmètre et des hypothèses. Évaluer si les informations comparatives doivent être recalculées lorsque la méthodologie change.
Étape 8 - publier des informations de manière proportionnée
Expliquer pourquoi le modèle a été utilisé, ce qu’il mesure, ce qu’il exclut, le périmètre, la qualité des données, les hypothèses importantes, l’incertitude, la validation spécialisée et la manière dont le résultat a influé sur les décisions.
Gouvernance du modèle et éléments probants
Un calcul d’empreinte biodiversité devrait être soumis à des contrôles comparables à ceux des autres estimations importantes. Le dossier probant devrait inclure :
le modèle et la version ;
la licence et l’utilisation autorisée ;
la méthodologie et la documentation technique ;
le périmètre de reporting et l’unité fonctionnelle ;
le registre des données sources ;
la cartographie géographique et les données de substitution ;
les versions des facteurs et des bases de données ;
le fichier de calcul et la revue ;
l’analyse de l’incertitude et de la sensibilité ;
la validation spécialisée ;
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