Short answer
The answer, before the reasoning
L’ESRS E2 révisée s’applique lorsque les impacts, risques ou opportunités liés à la pollution sont matériels. L’entité déclarante identifie les sous-thèmes matériels — pollution de l’air, de l’eau ou du sol, microplastiques primaires et substances préoccupantes, y compris les substances extrêmement préoccupantes — et les relie aux politiques, actions, objectifs, métriques et effets financiers.
E2-4 porte sur les émissions matérielles des propres activités dans l’air, l’eau et le sol, les accidents environnementaux et les microplastiques primaires. E2-5 porte sur les informations relatives aux SoC/SVHC selon le rôle de l’entité déclarante et les classes de danger pertinentes ou, pour les substances contenues dans des articles, selon le nom de la substance lorsque la communication du poids n’est pas pertinente. Les permis, les relevés de surveillance et les déclarations E-PRTR ou auprès du portail des émissions industrielles constituent des éléments probants importants, mais les seuils réglementaires ne déterminent pas automatiquement la matérialité au titre de l’ESRS. Une information publiée fiable nécessite donc des registres des polluants et des substances, des contrôles des méthodes et des estimations, un rapprochement des incidents et des responsables opérationnels nommément désignés pour les données.
Document pédagogique. Il ne remplace pas l’acte délégué applicable, le droit national, les conseils juridiques ni une conclusion d’assurance.
En pratique
Orientation : ce que couvre E2
| Sous-thème E2 | Questions types | Principal résultat du reporting |
|---|---|---|
| Pollution de l’air | Quels polluants matériels sont émis par les cheminées, évents, sources mobiles ou rejets fugitifs ? | E2-4 émissions des propres activités, méthodes, incidents et contexte. |
| Pollution de l’eau | Quelles substances sont rejetées directement ou transférées vers un traitement, et où ? | E2-4 émissions dans l’eau, informations sur les points de rejet et le contexte du milieu récepteur lorsqu’elles sont matérielles. |
| Pollution du sol | Quels rejets, déversements, fuites ou contaminations historiques créent des impacts ou risques matériels ? | E2-4 émissions/accidents et actions associées, mesures de dépollution et effets financiers. |
| Microplastiques primaires | Des microplastiques sont-ils produits, utilisés, émis directement ou mis sur le marché ? | E2-4 métriques de masse et explication de la méthode/des estimations. |
| Substances préoccupantes / SVHC | L’entité déclarante produit-elle, se procure-t-elle, utilise-t-elle, distribue-t-elle ou commercialise-t-elle les substances pertinentes ? | E2-5 quantités selon le rôle, classes de danger et/ou informations sur les substances contenues dans les articles. |
Pourquoi le reporting sur la pollution nécessite plusieurs systèmes de données
Les informations sur la pollution se trouvent rarement dans une seule base de données de durabilité. Les données relatives aux cheminées peuvent être détenues par les ingénieurs des sites, les charges d’eaux usées par les équipes chargées des services collectifs, les relevés de déversements par les équipes EHS, les classifications chimiques par les équipes chargées de la gestion responsable des produits, les substances contenues dans les articles par les achats et les systèmes de données produits, et les amendes ou provisions par les services juridique et financier. L’équipe chargée du reporting peut consolider ces relevés, mais elle ne peut pas remplacer les responsables des sources tenus de rendre des comptes.
L’E2 révisée combine les métriques propres au sujet avec l’architecture générale de l’ESRS 2. Les politiques sont publiées par l’intermédiaire de GDR-P, les actions et ressources par l’intermédiaire de GDR-A, les objectifs par l’intermédiaire de GDR-T, les méthodes par l’intermédiaire de GDR-M et les effets financiers actuels et anticipés par l’intermédiaire de SBM-3. Un article ou une information publiée complet ne devrait donc pas traiter E2-4 et E2-5 comme un tableau environnemental isolé.
Référence source : objectif de l’ESRS E2 révisée, paragraphes 1-6 ; E2-1 à E2-5 ; GDR-P/A/M/T et SBM-3 de l’ESRS 2.
1. Commencer par un univers de polluants et de substances
La première tâche de mise en œuvre consiste à établir un univers de polluants et de substances pertinents. Celui-ci devrait combiner les listes réglementaires, les permis, les programmes de surveillance, les inventaires de produits chimiques, les fiches de données de sécurité, les nomenclatures de matières des produits, les relevés d’achats, les réclamations, les incidents, l’historique des sites et les connaissances sectorielles. L’univers est plus large que l’information publiée finale : il constitue la population contrôlée à partir de laquelle les polluants et substances matériels sont sélectionnés.
En pratique
Séparer les objets de déclaration
| Objet | À ne pas confondre avec | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Émission de polluant | La limite de concentration fixée dans une autorisation. | Les métriques E2 exigent normalement la masse émise pendant la période, et pas uniquement le respect d’une limite. |
| Accident environnemental | Rejet courant autorisé. | Les accidents peuvent entraîner des incidences graves, des mesures de remise en état, des amendes, des provisions et des préoccupations des parties prenantes, même lorsque la masse annuelle est faible. |
| Microplastique primaire | Tous les déchets plastiques. | E2 porte sur les microplastiques produits, utilisés, émis ou mis sur le marché ; la méthode dépend du rôle et de la voie concernés. |
| Substance préoccupante (SoC) | Uniquement les substances déjà interdites. | Le périmètre est déterminé par la définition des ESRS et les classifications de danger pertinentes, et pas uniquement par les interdictions. |
| Substance extrêmement préoccupante (SVHC) | Toutes les SoC. | Les SVHC constituent une catégorie réglementaire plus spécifique et peuvent nécessiter un suivi et des contrôles distincts. |
| Importance relative | Un seuil réglementaire de déclaration. | L’importance relative selon les ESRS repose sur les incidences, les risques et les opportunités, et pas uniquement sur le déclencheur légal de déclaration. |
2. E2-4 : émissions dans l’air, l’eau et les sols
E2-4 exige des informations sur la pollution importante émise par les activités propres de l’entité déclarante. Le périmètre de déclaration devrait être lié au registre approuvé des sites et des sources. Pour chaque polluant important, l’organisation devrait consigner le milieu environnemental, la source, le site, la masse, l’unité, la méthode de mesure, la période de déclaration, la classification de la qualité des données et les éléments probants.
Émissions atmosphériques
Les données relatives aux émissions atmosphériques peuvent provenir d’une surveillance continue des émissions, d’essais périodiques en cheminée, de bilans de matières ou de combustibles, des heures de fonctionnement des équipements, des spécifications des fournisseurs ou d’estimations techniques. La métrique devrait être une masse pour la période de déclaration. La concentration et le respect des autorisations restent des éléments de contexte utiles, mais ne peuvent pas se substituer au rejet total lorsqu’une métrique de masse est requise.
Les contrôles d’exhaustivité devraient couvrir les cheminées autorisées, les évents d’urgence, les unités de combustion, les émissions liées aux procédés et les rejets fugitifs de matières. Lorsque le même polluant est déclaré au titre d’une autorisation industrielle, d’un système d’échange de quotas d’émission et d’une déclaration E-PRTR/IEPR, l’entité déclarante devrait documenter les différences concernant la couverture des installations, les seuils, les gaz, les méthodes, les unités et le calendrier.
Émissions dans l’eau
Les données relatives à la pollution de l’eau devraient distinguer le rejet direct dans un milieu récepteur, le rejet dans un réseau d’assainissement ou vers une station de traitement tierce, le rejet accidentel et tout transfert déclaré dans le cadre d’un système réglementaire. Un résultat de concentration ne devient une charge annuelle que lorsqu’il est combiné à un volume de débit et à une période dûment justifiés. L’organisation devrait conserver les méthodes de laboratoire, les limites de détection, la représentativité des échantillons et les hypothèses relatives au traitement.
Émissions dans les sols et pollution historique
La pollution des sols est souvent propre à un incident ou à un site plutôt qu’à un flux annuel courant. L’inventaire devrait recenser les déversements, les fuites, les dépôts, les terrains contaminés, la remise en état et les substances restant dans les sols. Une pollution historique peut encore avoir des incidences actuelles, créer des passifs ou donner lieu à des obligations de remise en état, même lorsque le rejet initial est antérieur à la période de déclaration. La déclaration devrait distinguer une émission de la période considérée d’une situation historique et expliquer l’action ou la provision correspondante.
Accidents environnementaux
Un registre des accidents importants devrait relier la date de l’événement, le lieu, le polluant, la quantité estimée, le milieu affecté, la réponse immédiate, l’enquête, la remédiation, la notification au régulateur, les réclamations, le statut juridique et les conséquences financières. Un rejet de faible masse peut être important parce qu’il affecte un lieu sensible, cause un préjudice grave, entraîne un arrêt prolongé ou crée des passifs importants.
3. Rapprocher les données des permis et de l’E-PRTR / de l’IEPR
L’E-PRTR et le Portail des émissions industrielles en évolution fournissent des listes de polluants, des données sur les installations et des seuils de déclaration précieux. La version révisée d’E2 reconnaît que ces seuils constituent des informations susceptibles d’étayer l’évaluation de l’importance pour la gestion. Elle précise également qu’ils ne déterminent pas automatiquement si un polluant est important au sens des ESRS.
Les jeux de données réglementaires et ceux des ESRS peuvent légitimement différer. Un permis peut s’appliquer à une seule installation, tandis que l’état au titre des ESRS couvre le groupe. Un seuil réglementaire peut omettre un polluant situé en dessous du seuil de déclaration, même si le rejet est important dans un lieu sensible. Une déclaration réglementaire peut utiliser un calendrier ou un processus de vérification différent de celui de la clôture des informations de durabilité. Il ne s’agit pas de forcer les chiffres à correspondre, mais de rapprocher les différences et de les expliquer.
Figure 1. Chaîne de traçabilité des données sur les polluants d’ESRS E2 et rapprochement réglementaire. Visuel original du praticien LRA.
En pratique
| Test de rapprochement | Question | Éléments probants conservés |
|---|---|---|
| Population | Tous les sites et sources importants sont-ils représentés dans le périmètre des ESRS ? | Registre des sites/sources rapproché avec les permis et le groupe financier. |
| Définition du polluant | Les systèmes utilisent-ils la même substance, le même groupe ou la même spéciation ? | Numéro CAS/CE, correspondance des polluants et règle d’agrégation. |
| Unité et base | La masse, la concentration, la base sèche/humide et les conditions standard sont-elles alignées ? | Fiche de conversion, données de débit et base de calcul. |
| Période | La période réglementaire correspond-elle à la période de reporting des ESRS ? | Calcul de la date de clôture et estimation des données tardives. |
| Méthode | Les données sont-elles mesurées, calculées ou estimées, et les méthodes sont-elles comparables ? | Méthode de surveillance, facteur, bilan massique et incertitude. |
| Seuil | Une valeur nulle ou une cellule vide était-elle due à un seuil réglementaire plutôt qu’à l’absence d’émission ? | Évaluation du seuil et estimation au niveau de la source. |
| Périmètre | La déclaration réglementaire couvre-t-elle une installation, un établissement, une entité juridique ou un groupe ? | Cartographie du périmètre et écritures de consolidation. |
4. Mesure, calcul et estimations
La version révisée d’E2 autorise les données mesurées, calculées et estimées, tout en donnant la priorité aux méthodes de meilleure qualité. L’entité déclarante devrait présenter la méthode et les hypothèses importantes au titre de GDR-M. Une hiérarchie pratique est la mesure continue directe, la mesure périodique représentative, le bilan massique validé, les données d’activité assorties d’un facteur reconnu, puis l’estimation technique ou par approximation. La méthode appropriée dépend du polluant, de la source et de l’utilisation pour la prise de décision.
Une estimation n’est pas une indication de données manquantes
Une estimation défendable précise la population de sources, la formule, le facteur d’activité, le facteur d’émission, la période, l’incertitude et la raison pour laquelle la mesure directe n’était pas disponible. Elle est examinée par le responsable technique et incluse dans un plan d’amélioration. Une déclaration vague selon laquelle 'certains sites ont fait l’objet d’une estimation' ne permet pas à un examinateur de comprendre quelle part de l’indicateur est concernée ni si l’estimation est biaisée.
En pratique
| Classe de méthode | Utilisation typique | Attentes en matière de contrôle |
|---|---|---|
| Mesuré | Dispositifs de surveillance continue, compteurs étalonnés ou analyses en laboratoire. | Étalonnage, méthode, limite de détection, représentativité et AQ/CQ. |
| Calculé | Bilan massique, stœchiométrie, données d’activité multipliées par des facteurs. | Formule, unités, source des facteurs, rapprochement des données d’entrée et recalcul indépendant. |
| Estimé | Jugement d’ingénierie, site de référence, extrapolation ou période incomplète. | Motif, hypothèse, proportion concernée, incertitude, approbation et date d’amélioration. |
5. Microplastiques primaires
Les microplastiques nécessitent une analyse distincte des voies. L’entité déclarante devrait déterminer si elle produit des microplastiques primaires, les utilise comme intrant, les rejette directement au cours de ses activités ou les met sur le marché dans des produits ou des mélanges. Elle ne devrait pas supposer que le registre des déchets recense ces flux. Les voies liées à l’usure, aux pertes, au lavage, à la manipulation et aux eaux usées peuvent être pertinentes même lorsqu’aucun produit contenant des microplastiques n’est vendu.
Établir une cartographie des flux massiques de microplastiques
Identifier les polymères, les critères de taille des particules et les produits ou procédés relevant de la définition applicable au reporting.
Cartographier les quantités achetées, produites, utilisées, incorporées dans des produits, mises sur le marché et rejetées directement.
Identifier les voies de captage, de recyclage, de traitement, de destruction et d’élimination.
Estimer les émissions directes au moyen de mesures, de taux de perte, de bilans massiques ou d’hypothèses d’ingénierie.
Documenter l’incertitude et éviter de comptabiliser la même masse à la fois comme utilisée et comme émise sans relation claire entre les flux.
Pour les microplastiques mis sur le marché, les données relatives aux produits et aux ventes peuvent être plus pertinentes que la surveillance des sites. Pour les rejets directs, les données relatives aux pertes de procédé, aux eaux usées et à l’abattement deviennent essentielles. La méthode devrait expliquer si la mesure représente un rejet réel, une teneur théorique des produits ou une autre quantité requise selon le rôle concerné.
6. E2-5 : substances préoccupantes et SVHC
E2-5 impose une approche selon le rôle concerné des substances préoccupantes et des substances extrêmement préoccupantes. Une entité déclarante peut produire, se procurer, utiliser, distribuer ou commercialiser une substance, un mélange ou un article. Ces rôles déterminent les quantités et les éléments probants pertinents. Un référentiel central des produits chimiques devrait donc relier l’identifiant de la substance, sa classification, le fournisseur, le site, la quantité, le rôle de l’entité, le produit ou l’article, la période de reporting et les éléments probants.
Utiliser les systèmes réglementaires, tout en préservant la logique des ESRS
REACH, la liste des substances candidates, les classifications CLP, les fiches de données de sécurité, les informations SCIP et les déclarations des fournisseurs constituent des données d’entrée importantes. Elles peuvent contenir des unités et des seuils différents. L’équipe chargée du reporting ne devrait pas simplement copier un total issu d’une base de données réglementaire sans vérifier la définition des ESRS, le rôle de l’entité déclarante, la conclusion de matérialité et le double comptage entre les achats, l’utilisation, la production et les ventes.
Substances présentes dans des articles
Lorsqu’une substance est présente dans un article et qu’un total massique n’est pas pertinent ou praticable au titre de l’exigence E2 spécifique, l’entité déclarante peut devoir identifier plutôt le nom de la substance et la catégorie d’articles concernée. Les éléments probants devraient étayer le test du seuil, la population de produits, la déclaration du fournisseur et toute estimation du nombre ou de la masse des articles concernés.
En pratique
| Objet de données | Champs minimum | Responsable habituel |
|---|---|---|
| Référentiel des substances | Identifiant CAS/EC, nom, classification, indicateur SoC/SVHC, date d’entrée en vigueur et source. | Gestion des produits / conformité chimique. |
| Rôle et quantité | Produite, achetée, utilisée, distribuée ou commercialisée ; masse et unité. | Données relatives aux achats, aux opérations, aux ventes et aux produits. |
| Informations sur les articles | Catégorie d’article, nom de la substance, évaluation des seuils et éléments probants fournis par les fournisseurs. | Achats, ingénierie et conformité des produits. |
| Présentation par classe de danger | Correspondance avec les classes de danger pertinentes du CLP et les règles d’agrégation. | Gestion responsable des produits avec revue des informations communiquées. |
| Journal des exceptions et des estimations | Données manquantes des fournisseurs, données de substitution, hypothèse, incertitude et mesure d’amélioration. | Responsable des données + reporting de durabilité. |
7. Politiques, actions, cibles et effets financiers
Les indicateurs E2 devraient être reliés à la réponse de la direction. Les politiques peuvent porter sur la prévention, la substitution, la conception plus sûre, le respect des autorisations, la réponse aux incidents et les exigences applicables aux fournisseurs. Les actions peuvent notamment comprendre des équipements de réduction, la refonte des processus, des systèmes en boucle fermée, la substitution de produits chimiques, la remise en état ou la mobilisation des fournisseurs. Les cibles devraient préciser le polluant ou la substance, le périmètre, la base de référence, l’année cible, la méthode de mesure et indiquer si la cible est absolue ou fondée sur l’intensité.
Les effets financiers actuels et anticipés sont communiqués au titre d’ESRS 2 SBM-3, les informations E2 venant étayer l’analyse. La pollution peut avoir une incidence sur les coûts d’exploitation, les dépenses d’investissement, les provisions, les amendes, la remise en état, les assurances, les arrêts, la disponibilité des autorisations, la reformulation des produits, le chiffre d’affaires et l’accès aux marchés. La fonction finance devrait faire correspondre chaque IRO E2 significatif au poste pertinent des états financiers, aux prévisions de la direction ou à un effet qualitatif pertinent, et devrait distinguer les montants comptabilisés des effets anticipés.
8. Cartographie des responsables des données par sujet
Figure 2. Cartographie des responsables des données par sujet pour ESRS E2. Visualisation pratique originale de LRA.
En pratique
| Flux de données | Responsable désigné | Contrôle de l’équipe chargée du reporting |
|---|---|---|
| Émissions atmosphériques | Ingénieur environnement du site / opérations. | Registre complet des sources, revue de la méthode et rapprochement réglementaire. |
| Émissions dans l’eau | Responsable des eaux usées ou des services collectifs. | Cartographie des points de rejet, calcul de la charge et revue du transfert vers le traitement. |
| Sols et incidents | EHS avec les fonctions juridique et conformité. | Exhaustivité des incidents, état de la remise en état et lien avec les informations financières. |
| Microplastiques | Gestion responsable des produits, R&D et production. | Population de polymères/produits et méthodologie des flux massiques. |
| SoC/SVHC | Gestion responsable des produits et achats au regard de REACH/CLP. | Référentiel maître des substances, correspondance des rôles, seuils et test de double comptage. |
| Effets financiers | Finance, risques et affaires juridiques. | Rapprochement avec les provisions, les dépenses d’investissement, les dépenses d’exploitation, les amendes, les réclamations et les prévisions. |
| Consolidation et informations à fournir | Rapport de durabilité et contrôle interne. | Périmètre, méthode, index des éléments probants, revue et approbation finale. |
9. Exemple hypothétique détaillé
Arcwell commence par établir un univers des polluants à partir des permis, des déclarations E-PRTR, des tests sur les cheminées, des permis de rejet des eaux usées, des inventaires de produits chimiques et des incidents. L’évaluation de la matérialité identifie comme matériels les composés organiques volatils, les oxydes d’azote, le zinc dans les eaux usées, la contamination historique des sols et l’additif polymère. Un seuil E-PRTR n’est pas atteint pour le zinc sur un site, mais le rejet reste matériel parce qu’il aboutit dans une masse d’eau réceptrice sensible et est lié à un risque concernant le renouvellement du permis.
Les émissions atmosphériques sont mesurées ou calculées par source. L’entreprise rapproche les totaux E-PRTR de la population de sites ESRS et explique qu’une usine de plus petite taille est en dessous du seuil réglementaire de déclaration, mais reste incluse dans le total ESRS. Les charges de zinc sont calculées à partir de la concentration mesurée en laboratoire et du débit mesuré. Le site historique est présenté comme une situation de contamination assortie d’une action de remédiation et d’une provision, et non comme une masse d’émissions de sol de l’exercice en cours.
Pour les microplastiques, la gestion responsable des produits recense les tonnes produites, les tonnes mises sur le marché et la perte directe estimée du processus. L’estimation de la perte utilise un bilan massique validé et l’efficacité de captage des eaux usées. Le registre SoC/SVHC regroupe les quantités achetées et produites par rôle et fait correspondre les substances aux classes de danger applicables. Les lacunes concernant les fournisseurs sont communiquées au moyen de la méthodologie et du plan d’amélioration.
10. Extrait illustratif d’informations à fournir
Pourquoi cette formulation est plus solide : elle nomme les polluants et les milieux matériels, distingue les données mesurées et calculées, explique le rapprochement réglementaire, sépare un accident des flux courants, présente séparément la production et le rejet de microplastiques et quantifie une limitation des données fournisseurs. Un rapport complet fournirait également les informations détaillées sur les rôles et les classes de danger d’E2-5 requises au regard des faits de l’entreprise déclarante's.
En pratique
11. Informations à fournir faibles ou plus solides
| Formulation ou pratique faible | Pourquoi elle échoue | Alternative plus solide |
|---|---|---|
| "Tous les sites ont respecté les permis, donc la pollution n’est pas matérielle." | Le respect des exigences ne détermine ni la matérialité d’impact ni la matérialité financière. | Évaluer les impacts et risques réels ou potentiels en utilisant le contexte du site, les incidents et les caractéristiques des substances. |
| Le total E-PRTR est copié dans E2-4. | Les populations, seuils et méthodes réglementaires et ESRS peuvent différer. | Rapprocher les différences relatives à l’installation, au polluant, à la période, à l’unité et au seuil. |
| Seules les données mesurées sont communiquées. | Des sources matérielles peuvent être omises lorsqu’une mesure directe n’est pas disponible. | Utiliser des données calculées ou estimées avec une méthode et une incertitude transparentes. |
| Tous les plastiques sont déclarés comme des microplastiques. | L’objet de l’information à fournir et la voie ne sont pas définis. | Recenser les microplastiques primaires selon leur rôle dans la production, l’utilisation, le rejet direct et la mise sur le marché. |
| Une seule liste de fournisseurs est intitulée "SVHC". | La classification, la date d’entrée en vigueur, le seuil applicable à l’article et le rôle peuvent ne pas avoir été vérifiés. | Tenir à jour un référentiel versionné des substances et les éléments probants par produit ou article. |
En pratique
12. Erreurs courantes
| Erreur | Risque | Correction |
|---|---|---|
| Traiter les seuils réglementaires comme des seuils de matérialité ESRS. | Des impacts ou risques matériels sont exclus. | Utiliser les seuils comme éléments probants, et non comme décision finale de matérialité. |
| Utiliser des concentrations sans débit pour calculer les émissions dans l’eau. | La charge annuelle de polluants est présentée de manière erronée. | Combiner une concentration représentative avec le volume de rejet contrôlé. |
| Omettre les rejets accidentels au motif qu’ils ne sont pas habituels. | Les événements graves et les effets financiers disparaissent de l’information publiée. | Intégrer le registre des incidents et l’évaluation de la matérialité. |
| Combiner des valeurs mesurées, calculées et estimées sans note méthodologique. | Le lecteur ne peut pas évaluer la qualité des données. | Classer les méthodes et publier les hypothèses matérielles ainsi que la part concernée. |
| Compter la même substance dans les achats, l’utilisation et les ventes sans contrôles liés au rôle. | Les quantités de SoC/SVHC sont comptées deux fois. | Utiliser un modèle de données fondé sur les rôles et des règles de consolidation. |
| Ne faire intervenir la fonction financière qu’après la rédaction de l’information EHS. | Les provisions, amendes, capex et effets anticipés sont incohérents. | Relier les IRO matériels à la fonction financière pendant la collecte des données. |
État de préparation
13. Liste de contrôle des éléments probants
- Liste approuvée des sites, sources, points de rejet et polluants concernés.
- Registre des permis et des déclarations réglementaires, avec les seuils, périodes et limites des installations.
- Registres de suivi, de laboratoire, d’étalonnage, de débit et de contrôle qualité.
- Fichiers de calcul, facteurs d’émission, bilans matières et registre des estimations.
- Rapprochement E-PRTR / IEPR par installation, polluant, unité, période, méthode et seuil.
- Registre des incidents environnementaux, déversements, plaintes, enquêtes et mesures correctives.
- Cartographie des produits et processus relatifs aux microplastiques et calcul des rejets directs.
- Référentiel versionné des substances SoC/SVHC, correspondance des rôles, classes de danger CLP et éléments probants fournis par les fournisseurs.
- Évaluations des seuils relatifs aux substances visées par l'article et populations de produits, le cas échéant.
- Politiques, actions, ressources et objectifs liés aux IRO importants d'E2.
- Cartographie financière des amendes, provisions, mesures correctives, capex/opex, fermetures et exposition au chiffre d'affaires.
- Index des informations publiées et des éléments probants, revue par le responsable technique et approbation de la gouvernance.
Auto-évaluation
- Pouvons-nous expliquer pourquoi chaque polluant publié est important, même si un seuil réglementaire n'est pas atteint ?
- Chaque métrique de masse peut-elle être rattachée à une mesure, un calcul ou une estimation avec des unités et une période ?
- Avons-nous rapproché les données E-PRTR/IEPR et celles des permis du périmètre de reporting ESRS ?
- Le registre des incidents recense-t-il les événements environnementaux qui peuvent être importants malgré une masse annuelle faible ?
- Avons-nous séparé les microplastiques produits, utilisés, émis et mis sur le marché ?
- Le modèle SoC/SVHC identifie-t-il le rôle de l'entreprise, la version de la classification et les contrôles du double comptage ?
- Les effets financiers actuels et anticipés liés à la pollution sont-ils cohérents avec les registres financiers et juridiques ?
Sources
Primary sources
- Commission européenne - acte délégué ESRS révisé et avis d'adoption (3 July 2026)
- Règlement délégué de la Commission du 3 July 2026 modifiant le règlement délégué (EU) 2023/2772
- Centre de connaissances de l'EFRAG - ESRS E2 Pollution révisé
- Centre de connaissances de l'EFRAG - ESRS 1 Exigences générales révisé
- Centre de connaissances de l'EFRAG - ESRS 2 Informations générales révisé
- Cadre juridique du Registre européen des rejets et transferts de polluants / Portail des émissions industrielles
- Règlement (EC) No 1907/2006 (REACH) et informations de la liste candidate de l'ECHA
- Règlement (EC) No 1272/2008 relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage (CLP)
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