London Reporting Academy - logo
10 Apr 2024
Actualités

Plus de 40 % des sociétés cotées publient désormais des rapports sur les émissions de Scope 3, les États-Unis prenant un retard significatif : MSCI

factory-producing-co2-pollution

Les sociétés cotées dans le monde entier révèlent de plus en plus leur empreinte d'émissions de gaz à effet de serre. Environ 60 % publient désormais des émissions directes des Scopes 1 et 2, tandis que plus de 40 % divulguent au moins une partie des émissions de Scope 3, c’est-à-dire issues de la chaîne de valeur, selon un rapport récent du fournisseur de données et d’analyses d’investissement MSCI. Le rapport souligne un écart significatif, les entreprises américaines étant en retard par rapport à leurs homologues mondiaux en matière de reporting climatique.

De plus, le rapport MSCI indique une tendance croissante des entreprises à fixer des objectifs de réduction des émissions. Bien que le rythme de fixation des objectifs ait ralenti, on observe une amélioration notable de leur qualité, notamment visible dans la progression des objectifs de décarbonation fondés sur des données scientifiques.

Dans la dernière édition du rapport MSCI Net-Zero Tracker, MSCI a évalué les progrès des entreprises en matière de changement climatique au sein de l’Indice de Marché Investissable MSCI All Country World (ACWI IMI). Cette évaluation a inclus les données de l’indicateur « Implied Temperature Rise », un outil lancé en 2021. Cet outil calcule les émissions actuelles et projetées de gaz à effet de serre des entreprises et estime leur contribution à l’élévation globale des températures, en prenant en compte les objectifs de réduction d’émissions de chaque entreprise.

Le rapport a révélé une amélioration constante du reporting des émissions par les sociétés cotées à l’échelle mondiale. Près de 60 % publient désormais des données sur les émissions des Scopes 1 et 2, ce qui représente une augmentation de 16 points de pourcentage au cours des deux dernières années. Par ailleurs, la divulgation des émissions liées à la chaîne de valeur progresse encore plus rapidement, 42 % des entreprises communiquant désormais au moins une partie de leurs émissions de Scope 3. Ce chiffre est en nette hausse par rapport aux 25 % enregistrés il y a deux ans et environ 35 % l’an dernier, selon MSCI.

Le rapport a mis en lumière un écart important en matière de divulgation entre les entreprises américaines et leurs homologues mondiaux. Aux États-Unis, seulement 45 % des sociétés cotées publient des données sur les émissions des Scopes 1 et 2, contre 73 % dans les marchés développés hors États-Unis. De plus, seulement 29 % des entreprises américaines divulguent leurs émissions de Scope 3, contre 54 % pour leurs homologues des marchés développés.

Au fur et à mesure que la publication d’informations sur les émissions progresse, les exigences réglementaires pour les divulgations liées au climat s’étendent à l’échelle mondiale. Dans l’Union européenne, de nouvelles obligations de reporting sont entrées en vigueur, tandis que de nombreux pays évoluent vers des systèmes de reporting en matière de durabilité alignés sur les normes récemment publiées par l’International Sustainability Standards Board (ISSB) de l’IFRS.

Ces normes exigeront un reporting des émissions des Scopes 1, 2 et 3. Bien que le rapport MSCI suggère que la nouvelle règle américaine sur le reporting climatique émise par la SEC pourrait réduire l’écart de publication, elle n’impose que le reporting opérationnel des émissions des Scopes 1 et 2 pour les plus grandes entreprises lorsque cela est matériel. Notamment, la règle ne requiert pas la divulgation des émissions de Scope 3. De plus, la SEC a suspendu la mise en œuvre de cette réglementation en raison de défis juridiques.

Selon le rapport, les entreprises persistent dans la fixation d’objectifs climatiques, bien que le rythme de la définition de ces objectifs ait ralenti. Fin janvier 2024, MSCI indique que 52 % des entreprises ont communiqué des objectifs de réduction des émissions, dont 38 % ont annoncé des objectifs de neutralité carbone, soit une augmentation d’un point de pourcentage par rapport à l’année précédente. Malgré ce ralentissement dans la fixation des objectifs, on observe une amélioration de leur qualité. Notamment, 20 % des entreprises mettent désormais en place des objectifs fondés sur la science, alignés sur un réchauffement limité à 1,5 °C, contre 12 % l’an dernier et seulement 1 % en 2020.

Malgré les progrès dans le reporting et la fixation d’objectifs, le dernier rapport souligne que les émissions de gaz à effet de serre des sociétés cotées n’ont pas diminué, bien qu’elles semblent s’être stabilisées. Selon le rapport, les émissions de Scope 1, qui représentent les émissions directes opérationnelles des sociétés cotées dans le monde, devraient se stabiliser en 2024 à 11,8 milliards de tonnes, soit près d’un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

L’indicateur Implied Temperature Rise de MSCI montre que les entreprises cotées sont actuellement sur une trajectoire menant à une augmentation de 3 °C de la température ce siècle, seulement 38 % des entreprises visant un scénario de 2 °C ou moins, dont 11 % alignées sur l’objectif de 1,5 °C. Le rapport souligne l’estimation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) selon laquelle les émissions mondiales devraient culminer en 2025 puis diminuer de 7 % par an jusqu’en 2030 pour atténuer les impacts les plus sévères du changement climatique.

London Reporting Academy - logo