Les entreprises de l'UE demandent la stabilité des règles de durabilité pour protéger les investissements verts
Les principales entreprises européennes exhortent la Commission européenne à garantir la stabilité des règles de durabilité et à exclure la possibilité de les revoir, afin d'éviter l'incertitude juridique et de maintenir l'attractivité des investissements dans la région.

Le 17 janvier 2025, une coalition de grandes entreprises, telles que DP World, Ferrero, L'Occitane, Mars, Nestlé, Primark, Signify et Unilever, a adressé une lettre officielle à la Commission européenne. La communauté des affaires a exprimé ses inquiétudes concernant les projets de révision de plusieurs actes législatifs dans le cadre de la proposition « omnibus ». Les entreprises avertissent que la réouverture de réglementations déjà adoptées pour des discussions supplémentaires pourrait compromettre les efforts visant à atteindre les objectifs de durabilité et engendrer des risques financiers et opérationnels importants.
Préoccupations des entreprises : le besoin de cohérence et de clarté
Les leaders industriels soulignent plusieurs risques clés pouvant surgir en cas de révision de la Directive sur le devoir de diligence en matière de durabilité des entreprises (CSDDD) :
- Incertitude juridique. Les entreprises ont besoin d'un cadre réglementaire stable pour planifier avec confiance leurs investissements à long terme. Revenir sur la législation crée un risque de modification des obligations déjà convenues, ce qui pourrait entraîner des retards dans la mise en œuvre des projets et des coûts supplémentaires pour aligner les processus sur les exigences actualisées ;
- Pertes financières. Les organisations ont déjà investi des ressources considérables pour s'adapter aux exigences actuelles de la CSDDD. Toute modification pourrait rendre ces investissements inutiles et exiger des dépenses supplémentaires pour ajuster leurs stratégies commerciales, réduisant ainsi la compétitivité des entreprises européennes ;
- Disparités entre les États membres de l'UE. La réouverture de la directive pour discussion pourrait entraîner des interprétations et mises en œuvre divergentes dans différents pays, créant des obstacles pour faire des affaires dans le marché unique de l'UE et augmentant les charges administratives ;
- Baisse de la confiance des investisseurs. L'incertitude réglementaire sape la confiance des investisseurs dans la stabilité de la législation européenne. Les inquiétudes portent sur le fait que le caractère imprévisible de la réglementation impactera négativement l'attraction de nouveaux capitaux vers des projets de développement durable ;
- Affaiblissement du leadership mondial de l'UE. L'Union européenne occupe une position de leader dans le développement des normes de durabilité. Des changements fréquents de la législation pourraient affaiblir la confiance internationale dans le système réglementaire de l'UE et entraver la promotion d'une approche unifiée à l'échelle mondiale.
Les représentants des entreprises soulignent qu'ils saluent les efforts de la Commission européenne pour éliminer les exigences de reporting redondantes et chevauchantes, mais qu'ils s'opposent fermement à la réouverture des textes législatifs déjà convenus. La potentielle réouverture de la CSDDD suscite une inquiétude particulière, car elle est déjà harmonisée avec la Directive sur le reporting en matière de durabilité des entreprises (CSRD) et n'introduit pas d'obligations supplémentaires de reporting.
Un appel à la Commission européenne : se concentrer sur la mise en œuvre, pas sur la révision
Les parties prenantes exhortent la Commission européenne à confirmer que la révision des actes législatifs n'affectera pas les normes déjà adoptées et ne conduira pas à une renégociation politique de la CSDDD. Au contraire, les entreprises préconisent la nécessité de se concentrer sur la mise en œuvre pratique de la directive, en fournissant aux organisations des orientations claires et cohérentes pour son application.
Pour réussir la mise en œuvre des règles de durabilité, l'Union européenne doit garantir la prévisibilité et la stabilité dans l'environnement réglementaire afin que les entreprises puissent planifier en toute confiance leurs investissements à long terme. Il est important d'établir un processus de consultation transparent avec le secteur privé pour relever les défis pratiques de l'application et proposer des solutions spécifiques aux difficultés émergentes. De plus, une attention particulière devrait être accordée à la cohérence et à l'uniformité des approches entre les États membres de l'UE, car cela empêchera la fragmentation réglementaire et garantira des conditions équitables pour tous les participants au marché.
Les représentants de l'industrie soulignent que le respect constant des obligations convenues et un environnement réglementaire stable sont essentiels pour créer des conditions équitables pour les entreprises et atteindre les objectifs de durabilité à long terme.