EPA propose de mettre fin à des parties majeures du GHGRP : résumé de la proposition
L'Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis a proposé d'importantes modifications du Greenhouse Gas Reporting Program (GHGRP), visant à alléger les obligations de reporting, réduire les coûts pour l'industrie et s'aligner sur les récentes modifications du Clean Air Act.

La semaine dernière, la U.S. Environmental Protection Agency (EPA) a publié une proposition visant à reconsidérer le Greenhouse Gas Reporting Program (GHGRP). L'initiative envisage l'élimination définitive des obligations de déclaration pour 46 catégories de sources après l'année de reporting 2024. Selon la proposition, les installations, fournisseurs et sites d'injection souterrains liés à ces catégories ne seraient plus tenus de soumettre des données d'émissions à l'EPA. Pour le secteur du pétrole et du gaz naturel, réglementé sous la sous-partie W, l'approche est double. Le segment de distribution du gaz naturel verrait ses obligations de reporting définitivement supprimées après 2024, tandis que les neuf autres segments verraient leur reporting suspendu jusqu'en 2034, suite aux amendements introduits par le One Big Beautiful Bill Act. Pour l'année de reporting 2025, aucun secteur ne serait tenu de soumettre des données. L'EPA a également suggéré de prolonger la date limite habituelle de déclaration du 31 mars 2026 au 10 juin 2026, sous réserve que la règle soit finalisée à temps.
Base juridique et contexte politique
Le GHGRP a été initialement établi en vertu de la section 114 du Clean Air Act, introduit par le Fiscal Year 2008 Consolidated Appropriations Act, afin d'assurer que les grandes sources et fournisseurs rapportent leurs émissions de gaz à effet de serre dans de nombreuses industries. Des réformes ultérieures ont ajouté une taxe sur les émissions de déchets sous la section 136 de la loi, destinée à s'appliquer à partir de l'année civile 2024 pour la plupart des segments du système pétrolier et gazier, à l'exception de la distribution de gaz naturel. Le paysage législatif a changé en juillet 2025, lorsque le One Big Beautiful Bill Act a modifié la section 136(g) du Clean Air Act. Cette révision a repoussé le début effectif de la taxe sur les émissions de déchets aux émissions déclarées pour l'année civile 2034 et au-delà. Cette modification a fourni à l'EPA la justification légale pour suspendre les obligations de déclaration pour les segments concernés de la sous-partie W jusqu'en 2034.
Champ d'application, secteurs affectés et calendrier
Les révisions proposées affecteraient un large éventail d'industries. Quarante-six catégories hors sous-partie W perdraient leurs exigences de reporting après l'année de déclaration 2024. Cela inclut la combustion stationnaire de combustibles, la production d'électricité, l'aluminium, le ciment, le verre, la production de fer et d'acier, le traitement des eaux usées industrielles, les décharges, les fournisseurs de combustibles à base de pétrole et de charbon, et les installations d'injection de dioxyde de carbone. Dans la sous-partie W, la distribution de gaz naturel serait définitivement exclue des obligations de déclaration, tandis que les neuf autres segments couvrant la production terrestre et offshore, le traitement, la transmission, le stockage et les installations de GNL verraient leurs obligations suspendues jusqu'en 2034.
Implications financières et opérationnelles
L'EPA estime que la proposition générera des économies financières substantielles pour les industries réglementées. Les réductions annuelles de coûts sont estimées à environ 303 millions de dollars US pour la période 2025 à 2033. Sur ce montant, 256 millions de dollars par an proviendraient du secteur pétrolier et gazier, la distribution de gaz naturel représentant environ trois millions de dollars. Le reste, estimé à 47 millions de dollars par an, proviendrait d'autres industries. Sur la période complète, les économies totales devraient atteindre entre 2,0 et 2,4 milliards de dollars, selon le taux d'actualisation appliqué.
Implications pour la transparence et les parties prenantes
Actuellement, le GHGRP couvre plus de 8 000 installations et fournisseurs à travers quarante-sept catégories de sources. Si elle est mise en œuvre, la proposition réduirait drastiquement la portée du reporting obligatoire des émissions. La suppression ou la suspension des obligations pourrait créer des lacunes importantes dans les données, limitant la visibilité des émissions dans plusieurs secteurs clés. Cette réduction de la transparence pourrait entraver la capacité des investisseurs, des communautés et des régulateurs à évaluer la performance environnementale. Le retard dans la réinstauration des exigences de déclaration pour la plupart des segments pétroliers et gaziers jusqu'en 2034 pourrait également compliquer la planification à long terme pour les entités réglementées. De nombreuses parties prenantes, en particulier celles qui s'appuient sur les données du GHGRP pour des divulgations volontaires, du reporting ESG ou le suivi de la chaîne d'approvisionnement, pourraient devoir ajuster leurs approches en l'absence de données réglementaires standardisées.
Dates clés et prochaines étapes
L'EPA lancera une période de consultation publique de quarante-sept jours suivant la publication de la proposition au Federal Register, accompagnée d'une audience virtuelle quinze jours après la publication. Il est recommandé aux parties prenantes d'examiner les instructions officielles, qui seront fournies dans le Federal Register et sur le site web de l'Agence. Si la proposition est finalisée avant mars 2026, la date limite pour le reporting de 2025 pourrait être prolongée jusqu'au 10 juin 2026, bien qu'aucun reporting ne soit requis pour cette année selon la proposition. Pour plus d'informations sur la règle proposée et la manière de participer au processus de consultation, veuillez consulter la fiche d'information de l'EPA.
Conclusion
Les révisions proposées par l'EPA au GHGRP constitueraient l'un des changements les plus significatifs dans les obligations de reporting non financier sur les gaz à effet de serre aux États-Unis. La réforme priorise la réduction des coûts et l'efficacité administrative, avec des économies projetées de plusieurs milliards de dollars à travers les secteurs. Parallèlement, elle suscite des inquiétudes concernant une transparence réduite, une disponibilité moindre des données et les implications plus larges pour l'alignement réglementaire ainsi que les pratiques de divulgation ESG. La règle finale sera influencée par les commentaires publics, un éventuel examen juridique et l'interprétation par l'Agence de son autorité statutaire en vertu du Clean Air Act.